Attributions causales et de responsabilité

Couleurs conditionnées et jugement

Publié dans Attributions causales et de responsabilité

On doit cette expérience, datant de 1972, à Bem.

Celle-ci se déroule en trois phases:

Première phase

Les sujets avaient pour consigne de répondre à des questions personnelles. Ils devaient dire la vérité en présence d'une lumière jaune et de mentir en présence d'une lumière verte.

Cette phase était destinée à apprendre au sujet qu'il pouvait se croire en présence d'une lumière jaune et qu'il ne devait pas se croire en présence d'une lumière verte.

A noter: Bem est un disciple du behaviorisme de skinner.

Seconde phase (présentée sans rapport direct avec la première)

Des dessins humoristiques étaient présentés aux sujets (ces derniers avaient été évalué préalablement par la méthode des juges et avaient été jugé ni drôles, ni rébarbatifs).

Sur ordre de l'expérimentateur, il était demandé aux sujets de dire pour chaque dessins présentés soit "c'est un dessin très drôle", soit "c'est un dessin très rébarbatif".
Durant cette phase, l'expérimentateur laissait négligemment allumé l'une des lampes (lampe jaune de vérité ou lampe verte du mensonge de la phase 1).
Le sujet ne donne donc pas son avis mais suit les prescriptions de l'expérimentateur.

Troisième phase

Les sujets devaient évaluer, toute lampe éteinte, chaque dessin humoristique préalablement présentés.

Les résultats sont les suivants:

Quand les sujets avaient dû dire, lors de la phase 2, "ce dessin est très drôle" en présence de la lampe jaune (vérité), ils estimaient, lors de la phase 3, le dessin plus drôle que s’ils l’avaient dit en présence de la lampe verte (mensonge).

De la même façon, s'ils avaient dû dire lors de la phase 2 "ce dessin est très rébarbatif" en présence de la lampe jaune, ils estimaient, lors de la phase 3, le dessin plus rébarbatif que s'ils l'avaient dit en présence de la lampe verte.

En fait, tout se passe comme si le sujet avait cru ce que lui demandait de dire l'expérimentateur.

En effet, les sujets placés négligemment en présence d'une lampe verte (mensonge) lors de la phase 2 jugent les dessins neutres lors de la phase 3.

Ainsi et pour conclure, confrontés à un stimulus ambigu (ici les dessins jugés ni drôles, ni rébarbatifs), les sujets ne semblent pas avoir accès à leur état Interne  et doivent prendre appui sur l'information extérieure (ici la couleur des lampes conditionnées) pour porter un jugement.

Bem, D. J. (1972). Self-perception theory. In L. Berkowitz (Ed.), Advances in Experimental Social Psychology, (Vol. 6, pp. 1-62). New York: Academic Press

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