Catégorisation, stéréotypes et préjugés

Effet d'attente en milieu hospitalier

Publié dans Catégorisation, stéréotypes et préjugés

On doit cette expérience de 1973 à Rosenhan.

L’auteur est un psychologue clinicien mais on peut dire que sa démarche et l’effet étudié ressemblent fort à une démarche de psychologie sociale.

11 chercheurs se présentent indépendamment aux médecins de garde d'un asil et avaient pour consigne de prononcer une phrase dénuée de sens... Ils vont tous être pris en charge

Les médecins vont faire état de diagnostics lourds avec 10 étiquettes de schizophrénie et une étiquette de maniaco-dépressif

La consigne des chercheurs était ensuite de se comporter le plus normalement possible et de demander à sortir dès le deuxième jour
Certains sortent assez vite; 6 jours et d'autres moins; 40 jours.

En fait, les soignants ne communiquent pas vraiment avec les malades comme ils communiquent avec tout le monde. On assiste à ce que l’on appelle des rituels d’interaction minimaux.

Les pseudos patients pouvaient prendre leurs notes de chercheurs toute la journée sans que personnes ne s’intéresse à ce qu’ils notaient. Leurs prises de notes devenaient un symptôme pour l’équipe soignante. Nos chercheurs, dans leur Rôle de patient, étaient quelquefois interrogés par les médecins. Leur consigne était alors de répondre tout à fait normalement aux différentes questions.

Pourtant, la retranscription des médecins sera différente, il y a des glissements.
Par exemple, le sujet diagnostiqué « schizophrène » a forcément, pour le médecin, eu une souffrance importante dans l’enfance.

Il est assez drôle de noter que 1/3 des vrais patients de l'hôpital se sont aperçu de la supercherie.

Le problème est que ces effets d’étiquetages et d’attentes ont été étudiés dans une importante structure qui était équivalente aux CHU en France. Aussi, la recherche psychiatrique et médicale étaient-elles directement en cause dans son article.

De ce fait, la réalité de cette recherche a donc était remise en cause.

C’est la raison pour laquelle, l’auteur va réaliser, 6 mois plus tard, ce que l’on appelle une contre expérience pour vérifier la première. Il annonce donc qu’il va tenter de réintroduire de nouveau pseudo patients dans les hôpitaux.

Il découvre que 40 % des soignants ont reconnus les pseudos patients. Le fait est qu’il n’en avait pas introduit. Sa contre-expérience était faite.

"Le diagnostic n'est pas affecté par les circonstances de la vie du patient, c'est au contraire la perception des circonstances qui est affectée par le diagnostic"
Rosenhan

D. L. Rosenhan, « On Being Sane in Insane Places », Science (New York, N.Y.), vol. 179, no 70,‎ janvier 1973, p. 250–8

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