Catégorisation, stéréotypes et préjugés

Création de groupe et stéréotypes

Publié dans Catégorisation, stéréotypes et préjugés

On doit cette célèbre expérience faite dans les années 50 en milieu naturel à Shérif et Al.

Ce précurseur de l’expérimentation en milieu naturel amène 25 enfants en colonie de vacance.

Avant d’être sélectionnés, les enfants ont subit des tests permettant de dépister des éventuels problèmes psychologiques ou caractériels qui ne leur auraient pas permis de poursuivre l’aventure.

  1. Phase 1 de l’expérience : durée (environ une semaine)

L’ensemble du groupe va faire connaissance.
Ainsi, on va voir se construire différents réseaux d’affinité ou des dyades, fréquentes chez les enfants.

  1. Phase 2 de l’expérience : durée (environ une semaine)

Les groupes sont séparés en deux ; on va séparer les groupes d’amis.
(Cette volonté de frustration est supposée accélérer les phénomènes qui vont apparaître).

Les deux groupes vont ensuite être mis en situation de compétition répétitive. Les sports collectifs s’y prêtent bien.
C’est le principal ingrédient à la création des conflits intergroupes.

Les enfants vont alors donner un nom à leur groupe, se créer un drapeau ou encore une chanson mais ils construisent rapidement, dans le même temps, des images très agressives face à l’autre groupe.

De plus, l'expérimentateur va s’arranger pour que le groupe perdant soit presque toujours le même ; se basant donc sur le fait que les préjugés apparaissent dans des positions inégales (dominants/dominés).

Ainsi, par ce simple moyen, il crée de façon expérimentale l’hostilité entre les deux groupes.
Très vite, on assiste à des affrontements physiques entre les groupes.

Les tests sociométriques montrent une forte cohésion Interne ainsi qu’une forte hiérarchisation à l’intérieur des deux groupes ; on a un leader, un « chef de guerre » qui n’est pas nécessairement le même que dans la phase 1 « amicale »

Shérif veut maintenant dépasser cette situation conflictuelle et va donc tester deux hypothèses de sens commun :

  • Hypothèse de contact : Quand deux groupes sont en conflit, il faut les faire se rencontrer dans des situations non conflictuelles, avec des contacts positifs.
    Malheureusement cette hypothèse n’est pas confirmée. Autrement dit ; ça ne suffit pas pour que les conflits s’estompent.
  • L’appel aux valeurs : Ces enfants sont tous dit de « bonne famille » ; ils vont à l’office le dimanche…Un pasteur vient donc faire un prêche contre la violence, pour le respect d’autrui et la tolérance.
    Malheureusement, les enfants qui approuvent continuent de se battre quand l’office est terminée

Dernière phase de l’expérience :

Création de buts supra ordonnés.

C’est la création de but, d’objectifs, que les deux groupes ont en commun puisqu’ils doivent effectivement coopérer pour atteindre ce but.
Il est important que le but soit mobilisateur pour les deux groupes.
Ici, on propose au groupe de choisir un film ensemble ou on s'arrange pour les mettre en situation d’urgence comme une panne de véhicule.

A la fin du séjour, les conflits physiques disparaissent, les préjugés s’estompent.

Conclusion principale :

Il montre que les affinités, la structure du groupe plus ou moins hiérarchisée, les phénomènes de leadership… ne sont pas nécessairement dans la nature des groupes.

Il n’est pas fatal qu’un groupe se donne un chef guerrier et développe des préjugès.

Cela pourrait être des effets de ces relations entre le groupe et son environnement.

Sherif, M., Harvey, O. J., White, B. J., Hood, W. R., & Sherif, C. W. (1961). Intergroup conflict and cooperation: The Robbers Cave experiment (Vol. 10). Norman, OK: University Book Exchange

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