Catégorisation, stéréotypes et préjugés

Effet d'attente à l'école

Publié dans Catégorisation, stéréotypes et préjugés

On doit cette expérience, datant de 1968, à Rosenthal.

Il est à l’origine d’une polémique car il a transféré les effets d'attentes au système scolaire.

Pour l’auteur, il faut admettre que les catégorisations induisent des effets d’attentes et que les individus pourraient bien se conformer aux Stéréotypes dont ils font l’objet.
Cette question n’est pas nouvelle et peut être mise en parallèle avec l’effet placebo.

Il s’est d’abord demandé dans quelle mesure l’expérimentateur ne déterminait pas lui-même les résultats qu’il observait.

Une première expérience datant de 1950 montre qu’il y a bien des effets d’attentes de l’expérimentateur.

Dans cette expérience, des étudiants de psychologie doivent juger des rats.
On leur présente deux groupes de rats :

On dit du premier que ce sont des rats de bonne lignée ; intelligente et du second que ce sont des rats de mauvaises lignées qui n’apprennent pas.

Ces jugements n’ont en fait aucun fondement puisque tous les rats avaient été départagés de façon aléatoire.
Cependant, les étudiants jugent les rats du premier groupe meilleurs.

Ces résultats laissent perplexe et des questionnements émergent :

Les étudiants ont-ils mieux enregistrés les succès du premier groupe de rats ?
Ou s’en sont-ils mieux occupés ?

Entre 1952 et 1960 vont être refusé à l’auteur la parution de 12 articles. Ils publient cependant ces résultats dans une revue de vulgarisation scientifique aux Etats-Unis.

De cette publication émane différents courrier dont un qui va intéresser l’auteur ; celui d’une directrice qui l’invite à étudier ces effets d’attentes au sein de son école.

C’est ainsi qu’il a pu théoriser sur l’ effet Pygmalion.

L’auteur fait passer auprès de 650 élèves un test de QI classique sensé mesurer les aptitudes réelles des élèves au début de l’expérience.

4 mois plus tard, on explique aux enseignants que tous les élèves n’ont pas le même rythme cognitif ; que certains démarrent plus tard que d’autre : « les démarreurs tardifs ».

Rien de tout cela n’est vrai bien sûr, mais un test qui permettrait de repérer ces démarreurs tardifs semble plausible théoriquement.

Les expérimentateurs faisaient par la suite des pronostiques ou prophéties purement aléatoires aux enseignants:

"Vous avez tel et tel élève qui connaîtra un développement rapide cette année"

Les enseignants avaient pour consigne de ne pas en parler aux élèves.

Un an plus tard, Rosenthal fait à nouveau passer les tests de QI aux élèves (T+1) puis encore un test un an après (T+2).

Les résultats sont les suivants :

Au bout de un an en CP ; les élèves positivement attendus ont gagnés plus 15 points au test et plus 6 au bout de deux ans.

Plus de 350 répliques de la « démarche Rosenthal » et plus de 80 % des recherches retrouvent l’effet Pygmalion.

Dans son expérience, Rosenthal a induit directement les effets d’attentes mais d’autres proviennent de conditions naturelles comme l’origine sociale des parents, le sexe, l’apparence…

Ici l’expérimentateur induit des stigmates positifs. Ici l’enseignant était le seul au courant du stigmate.
Or en situation naturelle, il y a des groupes qui sont naturellement stigmatisé et qui font l’objet d’un consensus puisque parents, enfants, personnels, enseignants le savent.

Si l’on s’en tient à cette expérience, l’effet Pygmalion est donc sous-estimé.

Rosenthal R., Jacobson LF., « Teacher Expectation for the Disadvantaged », Scientific American, 1968, vol. 218, no 4, pp. 19-23

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