Catégorisation, stéréotypes et préjugés

Obésité et stigmatisation

Publié dans Catégorisation, stéréotypes et préjugés

On doit cette expérience, datant de 1994, à Snyder et Haugen.

Aux États-Unis, les personnes obèses sont considérées comme irritables et peu agréables.

Ces chercheurs ont mis en scène des interviews par téléphone (les deux interlocuteurs ne se voient donc pas).
On fait croire à certains participants qui joueront le rôle de l'intervieweur que l'interviewé est obèse.
Les buts de l'interview varient selon la condition expérimentale :

Condition 1

   

Condition 2

Ici, on dit au sujet intervieweur que le but de l'entretien est de rassembler le maximum d'informations concernant la personne de manière à mieux la connaître. On fournit au sujet une photo d'une personne obèse supposée être celle de l'interviewé.     Ici, on dit au sujet intervieweur que le but de l'entretien est de rassembler le maximum d'informations concernant la personne de manière à mieux la connaître. Le sujet croit avoir à faire à une personne de poids "normal".

Condition 3

   

Condition 4

   
Ici, on dit simplement au sujet d'avoir une conversation la plus agréable possible. On fournit au sujet une photo d'une personne obèse supposée être celle de l'interviewé.     Ici, on dit simplement au sujet d'avoir une conversation la plus agréable possible. Le sujet croit avoir à faire à une personne de poids "normal".  

Les résultats sont les suivants :

Lorsque le sujet a pour consigne d'apprendre à mieux connaître la personne, le fait de savoir que l'interlocuteur est obèse donne lieu à une interaction plus déplaisante et la personne est jugée plus antipathique que celle supposée être de poids "normal".

Ces résultats peuvent s'expliquer par le fait que l'interviewé perçoit une forme d'intrusion dans cette situation ambiguë (elle peut l'interpréter comme indiscrète ou inquisitoriale) et réagit donc de manière ambivalente. Quand elle émane d'une personne supposée obèse, elle est immédiatement perçue comme de l'antipathie par l'intervieweur qui réagit en conséquence.

Une autre expérience des mêmes auteurs donne d'autres résultats :

L'expérience vue ci-dessus est reproduite à l'identique si ce n'est un détail: C'est l'interviewé (et non plus l'interviewer) qui a pour consigne soit d'apprendre à connaître le plus possible l'interlocuteur, soit d'avoir la conversation la plus agréable possible.

Les résultats sont alors différents :
C'est maintenant la consigne de l'entretien plaisant qui conduit à l'auto réalisation de la prophétie.
On peut imaginer qu'ici la personne qui est obèse dans la tête de l'intervieweur se montre non pas charmante mais plutôt envahissante. L'interviewer reste donc sur la défensive et l'interviewée va, à son tour, interpréter cela comme de la muflerie.

Ces résultats sont assez pessimistes mais d'autres recherches viennent nuancer ces conclusions.

Personality and Social Psychology Bulletin, 21, 963-974. Snyder, M., & Haugen, J . A. (1994). Why does behavioral confirmation occur? A functional perspective on the role of the target

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