Croyances

La graphologie ou la psychologie de comptoir

Publié dans Croyances

On doit cette expérience originale, datant de 2000, à King et Koehler.

Ces auteurs ont élaborés 40 dossiers fictifs dans lesquels ils ont aléatoirement associés plusieurs pages manuscrites avec différents profils de personnalités.

Les 68 sujets de l'expérience sont totalement naïfs en matière de graphologie.

Les sujets devaient d'abord prendre connaissance des 40 dossiers (constitués de textes manuscrits associés au hasard à des profils de personnalités).

Ensuite, les lettres manuscrites et les profils de personnalité étaient présentés de manière dissociés. Le jeu consistait donc à reformer les paires présentées lors de la première phase.

Les résultats sont les suivants:

Les sujets reconstituent les dossiers fictifs non pas en fonction de leur souvenirs des paires présentées mais plutôt en fonction d'un phénomène appelé "association sémantique".

Ce phénomène correspond en fait à la logique qui sous-tend les pseudo-typologies de la graphologie.
En effet, les sujets faisaient spontanément le lien entre les caractéristiques physiques de l'écriture (taille, forme, couleur...) et les traits de personnalités.
Pour exemple, ils associaient facilement les traits de caractères tels que la fiabilité, la stabilité à une écriture régulière.

Ainsi, les participants ont automatiquement associés les formes d'écriture aux formes de personnalité (associations qui n'existent pas dans la réalité) telle qu'elles sont présentés dans les ouvrages spécialisés de graphologie.

Les résultats de cette expérience permettent de comprendre pourquoi les analyses graphologiques reçoivent encore un écho favorable. Elles se fondent sur la psychologie de sens commun.
Ainsi et pour conclure, certaines pratiques d'évaluation (ici la graphologie) qui tentent de se présenter sous les habits de la science ne sont en fait qu'une banale expression de la psychologie quotidienne qui nous anime tous.

King RN, Koehler DJ. (2000) Illusory correlations in graphological inference. Journal of Experimental Psychology : Vol 6 (4), 336-348

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