Influence, engagement et dissonance

20 $ pour un mensonge

Publié dans Influence, engagement et dissonance

On doit cette expérience datant de 1959 à Festinger et Carlsmith.

Ces auteurs proposent à leurs sujets une tâche très ennuyeuse:

Il s’agissait de placer des bobines dans un plateau pour le vider de son contenu, puis inversement remplir à nouveau le plateau de son contenu. Par la suite, les sujets devaient tourner d’un quart de tour quarante-huit chevilles dans un sens puis les ramener à leur position de départ. Le tout effectué d’une seule main.

Les sujets étaient divisés en trois groupes :

groupe   groupe   groupe

Groupe 1

 

Groupe 2

 

Groupe 3

Ils devaient réaliser une tâche très ennuyeuse et ne servant à rien pendant une heure. Prétextant l'absence d'un collaborateur, l'expérimentateur demandait aux sujets de présenter la tâche au participant suivant avant de partir.
Ils devaient dire: "c'était très plaisant, je me suis bien amusé (...), c'était passionnant"
 
Ils devaient réaliser cette même tâche ennuyeuse mais n'avaient pas à présenter l'expérience à la personne suivante. Ils n'avaient donc pas à mentir.
Pour effectuer ce même travail, les sujets du groupe 1 percevaient une forte rémunération (20 Dollars)
 
Les sujets du groupe 2 percevaient une faible rémunération (1 Dollars)
   

A la suite de ce travail, un autre expérimentateur soumettait aux sujets un questionnaire afin de mesurer leurs attitudes réelles à l’égard de la tâche.

On leur proposait donc diverses échelles mesurant leur plaisir à participer à l’expérience, les apports de l’expérience, l’importance scientifique de cette recherche, et leur volontariat éventuel futur à une recherche similaire.

Les résultats sont les suivants :

Les sujets les moins rémunérés modifiaient davantage leur opinion vis-à-vis de la tâche rébarbative. Ils déclaraient plus que les autres avoir éprouvé du plaisir à participer à l’expérience et à noter son importance scientifique.

Ce résultat n’a pas étonné nos auteurs. En effet, les sujets les moins rémunérés sont donc ceux qui trouvent le moins de justifications de leurs discours de soumission à l’expérimentateur.
On explique ça par la théorie de la dissonance cognitive; elle met l’accent sur la nécessité, pour un même individu, de disposer de connaissances qui s’accordent bien.

Les sujets fortement rémunérés trouvent une justification de leur mensonge (le fait de dire au suivant que l’expérimentation était passionnante ; voir schéma). Ils peuvent en effet se dire ; « si j’ai menti, c’est parce que j’étais bien payé, mais en fait l’expérience n’avait que peu d’intérêt. »

Pour les sujets peu rémunérés ; ce n’est pas le cas. Ainsi pour ne pas être « en état de forte dissonance », ils changent d’avis et deviennent plus favorable à la tâche.

Festinger, L., & Carlsmith, J. M. (1959). Cognitive consequences of forced compliance. The Journal of Abnormal and Social Psychology, 58(2), 203

Qui est en ligne ?

Nous avons 154 invités et aucun membre en ligne

Contact

Soutenir le site

soutien