Influence, engagement et dissonance

Influence minoritaire et pollution

Publié dans Influence, engagement et dissonance

On doit cette expérience, datant de 1981, à Moscovici, Mugny et Papastomou.


A cette époque, les premières campagnes anti-pollution voient le jour. Les auteurs cherchent à mesurer l'attitude de leurs Sujets à l'égard de la pollution et de ses causes.

Dans une première phase de l'expérience, ils demandent aux sujets de répondre à un questionnaire relatif à la pollution. Les items sont du type: "les ménagères sont gravement mises en cause: elles utilisent de manière inconsidérée les produits de lessive et autres détergents les plus polluants" ou "Supermarchés et fabricants d'engrais chimiques se donnent la main pour dénaturer les produits naturels". Ainsi, ce questionnaire propose des items qui attribuent la responsabilité de la pollution soit à des actes individuels, soit à des groupes industriels.

Deux semaines plus tard, la seconde phase de l'expérience qui correspond à la phase d'influence commence. Les expérimentateurs soumettent à tous leurs sujets des réponses attribuées à des sources fictives.

Les auteurs créent deux groupes selon la source supposée des réponses fournies:

A noter: Les deux sources sont censées avoir répondu au même questionnaire auquel chaque sujet à répondu deux semaines plus tôt.
 

groupe     groupe

Groupe 1

   

Groupe 2

On dit à ce groupe que les réponses proviennent d'une commission gouvernementale (Source d'autorité)     On dit à ce groupe que les réponses proviennent d'un groupe écologique marginal (Source minoritaire)

Dans les deux cas les réponses sont extrêmes. La source gouvernementale attribue la responsabilité de la pollution à des actes individuels tandis que la source écologique l'attribue aux entreprises industrielles.
 
On fournit également aux sujets du groupe 1 un message censé avoir été rédigé par la source gouvernementale proposant des mesures contre les pollueurs individuels. De la même façon, on fournit aux sujets du groupe 2 un message censé avoir été rédigé par la source écologique proposant des mesures contre les pollueurs industriels.

Tout de suite après avoir lu le message, les sujets remplissaient à nouveau l'échelle d'attitude vis à vis de la pollution (le questionnaire).

Trois semaines plus tard, les chercheurs demandent à nouveau aux mêmes sujets de remplir le même questionnaire.

Les résultats de l'expérience sont les suivants:

On observe une influence différée (trois semaines après) de la source minoritaire (groupe écologique marginal)
On note que les sujets ayant subit l'influence majoritaire de la commission gouvernementale tendent à revenir sur leurs attitudes antérieures.

Moscovici S., Mugny G. et Papastamou S. (1981). "Sleeper effect" et/ou effet minoritaire ? Étude théorique et expérimentale de l'influence sociale à retardement. Cahiers de psychologie cognitive, vol. 1-2, 199-221

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