Influence, engagement et dissonance

Discussion sexuelle et dissonance

Publié dans Influence, engagement et dissonance

On doit cette expérience, datant de 1959, à Aronson et Mills.

Les sujets sont des étudiantes. Ces dernières se sont inscrites à des groupes pour participer à des discussions sur la psychologie sexuelle.

Les auteurs créent aléatoirement trois groupes et ainsi trois conditions expérimentales:

  1. Condition initiation stricte: Pour être admis à participer aux futures discussions, les étudiantes vont devoir passer "un test d'embarras" où elles vont devoir lire à haute voix, en présence de l'expérimentateur, plusieurs mots obscènes ainsi que des passages érotiques tirés de romans contemporains. L'expérimentateur jugerait alors si le sujet était ou non apte à intégrer le groupe de discussion.

  2. Condition initiation modérée: Pour être admis à participer aux futures discussions, les étudiantes vont devoir passer "un test d'embarras" où elles vont devoir lire à haute voix, en présence de l'expérimentateur, une courte liste de mots à simple tendance sexuelle. L'expérimentateur jugerait alors si le sujet était ou non apte à intégrer le groupe de discussion.

  3. Condition de non initiation: Les étudiantes pouvaient intégrer le groupe sans initiation préalable.

L’ensemble des étudiantes écoutaient ensuite une même bande enregistrée sur laquelle on entendait une supposée discussion du groupe qu'elles venaient de rejoindre. La discussion enregistrée était assez ennuyeuse, banale et décousue et concernait le comportement sexuel secondaire des animaux inférieurs.
Les étudiantes devaient ensuite juger la conversation qu'elles venaient d'entendre et les membres du groupe entendus via différentes échelles de notation (intéressant, ennuyeux, stupide...)

Les résultats sont les suivants:

Les étudiantes placées en condition d'initiation stricte jugèrent la discussion enregistrée plus intéressante et enrichissante que les étudiantes placées dans les conditions d'initiation modérée ou sans initiation. En condition d'initiation stricte, les étudiantes apprécièrent également davantage les membres du groupe qu'elles avaient entendu dans l'enregistrement.

Ces résultats s’expliquent par la théorie de la dissonance.

En effet, le fait d'avoir subi une expérience très embarrassante pour devenir membre du groupe (lire des mots obscènes et des passages érotiques) est en dissonance avec leur connaissance des aspects négatifs de ce groupe. Pour réduire cette dissonance, les étudiantes vont alors modifier leur perception dans un sens plus positif.
A contrario, les étudiantes des autres conditions s'étant peu ou pas investis pour intégrer le groupe ne ressentent pas de dissonance et sont donc peu impressionnées par la discussion et le groupe.

Aronson, E. & Mills, J. (1959). The effect of severity of initiation on liking for a group. Journal of Abnormal and Social Psychology, 59, 177-181

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