Influence, engagement et dissonance

Impression d'ébriété et violence

Publié dans Influence, engagement et dissonance

On doit cette expérience, datant de 2008 à Laurent bègue.

 "On sait depuis longtemps que les comportements des alcooliques sont fortement influencés par les stéréotypes sociaux et culturels, mais c'est la première fois qu'on met scientifiquement en évidence l'importance de ces facteurs"

117 hommes de 18 à 44 ans de la région de Grenoble ont été recrutés via une petite annonce parue dans le quotidien local. Les participants, (rémunérés 14 euros de l'heure et sélectionnés après un questionnaire médical et psychologique) étaient convoqués dans les bureaux d’une société fictive (Stat-Aliments), loués pour l'occasion par les chercheurs. On leur expliquait qu'ils allaient boire, avant une dégustation de purée, trois verres d'un liquide au goût "Canada Dry" (il était impossible de distinguer la présence ou l'absence d'alcool. )
Les Sujets étaient ensuite placés aléatoirement dans différents groupes. Certains sujets étaient informés que la boisson contenait l'équivalent de plusieurs mesures de vodka, d'autres qu'ils buvaient un simple jus de fruit. Via cette méthode, certains croyaient être en état d'ébriété mais ne l'étaient pas, et inversement.

On leur présentait ensuite trois assiettes de purée:

  1. Chaque sujet devait assaisonner à son  goût la première à l'aide de sachets de sel et de Tabasco.
  2. On disait aux participants que la seconde assiette avait été préparée par le participant précédent. Les chercheurs précisaient qu'il fallait la manger sous peine de voir réduit son salaire d'une vingtaine d'euros.
  3. Enfin, le sujet devait lui-même préparer la troisième assiette pour le sujet suivant.

Pendant la séance, un compère se faisant passer pour un participant provoquait verbalement le sujet en tapant sur sa chaise et en lui faisant savoir qu’il allait avoir de grandes difficultés à manger la seconde assiette préparée par lui sur un ton agressif.

Le sujet naïf avait ensuite l'occasion de lui rendre l’appareil en pimentant son plat. Les chercheurs ont ainsi mesuré le degré d'agressivité de chaque participant en comptant le nombre de doses de Tabasco et de sel utilisées.

Les résultats montrent une corrélation entre la dose d'alcool que les volontaires croyaient avoir prise et le nombre de sachets de piment et de sel. Par contre, dans cette expérience, la quantité d'alcool réellement consommée n’a pas d’effets significatifs sur l'intensité de l'agression.

Pour conclure, l'attitude agressive n'est pas liée à la quantité d'alcool effective, mais à celle qu'on croit avoir consommée.

Bègue, L. & Subra, B. (2008). Alcohol and Aggression: Perspectives on Controlled and Uncontrolled  Social  Information  Processing. Social  and  Personality  Psychology Compass, 2, 511-538

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