Relations intergroupes

Biais pro-endogroupe

Publié dans Relations intergroupes

On doit cette expérience, datant de 1971, à Tajfel.

Les sujets sont élèves d’une classe de l’enseignement secondaire.
Ils voient une série de deux diapositives de peintures abstraites et doivent inscrire à chaque fois sur une feuille celle qu’ils préfèrent de façon individuelle.
Les élèves savent que, pour chaque paire de diapositives présentées, il y a une peinture de Klee et une de Kandinsky mais ils ne savent pas quelle peinture est de quel peintre.

Une fois l’exercice fini et les feuilles ramassées, l’expérimentateur fait mine de les corriger. Il appelle ensuite chaque élève individuellement et lui murmure à l’oreille qu’il est « dans le groupe Klee ».

Vient finalement une tâche de répartition d’argent entre membres du groupe d’appartenance Klee (endogroupe) et de l’autre groupe Kandinsky (exogroupe).
Les sujets reçoivent une série de matrices et doivent choisir une des colonnes.

Voici deux exemples de matrices :

Matrice 1: permet le favoritisme endogroupe, l'équité ou l'altruisme

Membre n°... du groupe Klee     1     2     3     4     5     6     7     8     9     10     11     12     13     14
Membre n°... du groupe Kandinsky     14     13     12     11     10      9      8      7      6     5     4     3     2     1

Matrice 2: permet de maximiser la différence entre groupes ou le gain commun

Membre n°... du groupe Klee      7      8      9     10     11     12     13     14     15     16     17     18     19
Membre n°... du groupe Kandinsky     1     3     5     7     9     11     13     15     17     19     21     23     25

Ces matrices ont été imaginées par le psychologue Claude Flament pour déterminer les stratégies de partage employées par les sujets.

Dans la matrice 1, la somme est constante, mais à mesure que l’on s’éloigne du centre, et que l’on va vers la droite, on augmente la part de l’endogroupe mais aussi l’inégalité.
Dans la matrice 2, la colonne centrale est strictement égalitaire. Si on s’éloigne vers la droite, la somme d’argent augmente mais la part de l’exogroupe est prépondérante. Si, par contre, on va vers la gauche, la somme diminue mais c’est la part de l’endogroupe qui devient de plus en plus importante.

Il est important de noter que la situation de groupe est ici minimale.
En effet, tous les sujets appartiennent à la même classe. On peut se demander quelle est l’importance d’appartenir au groupe qui préfère Klee ou au groupe qui préfère Kandinsky.

Néanmoins, les sujets privilégient leur propre groupe quitte à gagner moins en valeur absolue.
Le biais pro-endogroupe se révèle donc bien dans cette expérience.
Cependant, les sujets ne choisissent que rarement les colonnes extrêmes pour ne pas trop être inégaux.

Ces résultats se retrouvent dans de nombreuses expériences, que les groupes soient créés aléatoirement ou que des notes remplacent l’argent.

Tajfel, H., Billig, M. G., Bundy, R. P., & Flament, C. (1971). Social categorization and intergroup behaviour. European Journal of Social Psychology, 1(2), 149–178.

Qui est en ligne ?

Nous avons 86 invités et aucun membre en ligne

Contact

Soutenir le site

soutien