Relations intergroupes

Différences entre jalousie féminine et masculine

Publié dans Relations intergroupes

On doit cette recherche, datant de 2004, à Buunk et Dijkstra.

Les cent-cinquante sujets de l'expérience, hommes et femmes, devaient lire un texte. La moitié des sujets lisait le premier texte et l'autre moitié le second.

Si le lecteur était une femme, les mots "petite amie" et "homme" étaient remplacés par "petit ami" et "femme".

Texte 1: "Infidélité sexuelle"

Vous êtes dans une soirée avec votre petite amie et vous parlez avec un groupe d'amis. Vous remarquez que votre amie est de l'autre côté de la salle et qu'elle parle à un homme que vous ne connaissez pas. Au cours de la soirée, vous la perdez de vue. Le lendemain, votre petite amie vous dit qu'elle a embrassé cet homme passionnément cette nuit-là et qu'elle a rarement eu une telle sensation sexuelle et aussi intense avec un homme. Elle vous assure cependant qu'il ne s'agit que d'une attirance physique, que c'est juste sexuel. Elle vous garantie qu'elle n'a aucun sentiment envers lui.

Texte 2: "Infidélité sentimentale"

Vous êtes dans une soirée avec votre petite amie et vous parlez avec un groupe d'amis. Vous remarquez que votre amie est de l'autre côté de la salle et qu'elle parle à un homme que vous ne connaissez pas. Au cours de la soirée, vous la perdez de vue. Le lendemain, votre petite amie vous dit qu'elle a eu immédiatement un super contact avec cet homme cette nuit là et qu'elle a rarement rencontré quelqu'un avec qui elle pouvait parler ainsi. Sur le plan personnel, elle se sent lié à lui d'une manière unique et spéciale. Cependant, elle vous assure qu'elle n'éprouve aucun désir sexuel envers cet homme. Il ne s'agit pas d'une attirance physique, c'est juste un lien très amical, et elle se sent déjà très attaché à lui.

On fournissait également aux participants une photo du courtisant ou de la courtisane du texte. Il était question d'une personne ayant un physique très banal versus une personne jugée très belle. Les sujets avaient également accès à une courte description de cette personne (dominante versus peu dominante), pour la première il était dit qu'il/elle était jeune prof à la faculté, président(e) d'une association et qu'il/elle avait beaucoup d'influence sur les autres. A contrario, dans la seconde condition la personne était décrite comme ayant peu d'influence et comme étant obéissante et soumise.

Les conditions de l'expérience sont résumées sur le tableau suivant:

Texte 1

Texte2

Courtisant beau
Courtisant ordinaire
Courtisant beau
Courtisant ordinaire
Dominant
Peu dominant
Dominant
Peu dominant
Dominant
Peu dominant
Dominant
Peu dominant

Chaque participant devait ensuite remplir un questionnaire qui mesurait à quel point il serait jaloux dans la situation, méfiant, inquiet, triste...

Les résultats sont les suivants:

Les sujets hommes étaient très jaloux lorsque le courtisant était décrit comme socialement dominant. A l'inverse c'était la beauté de la courtisane qui rendait les sujets femmes plus jalouses.

Ces premiers résultats s'expliquent par le fait qu'un homme dominant saura répondre aux besoins d'une famille et que les hommes sont donc davantage en concurrence sur ce point. De la même manière, les hommes accordant une plus grande importance à l'attraction physique d'une partenaire, les femmes se sentent davantage en danger.

L'infidélité sexuelle entraînait davantage de sentiment de tristesse, de rejet, de colère et de trahison.
L'infidélité sentimentale entraînait davantage de sentiment d'inquiétude, de méfiance, et de menace.

Les sujets hommes sont plus jaloux lorsqu'il y a eu tromperie sexuelle tandis que les femmes sont plus sensibles à l'infidélité sentimentale.

On peut trouver l'explication dans la théorie de l'évolution et donc dans les motivations inconscientes. Théoriquement, l'homme étant toujours dans l'incertitude quand à la paternité de sa future progéniture. Pour la femme, le risque serait de devoir partager les ressources du partenaire avec une autre, voir qu'il parte pour cette dernière.

Buunk, B.P., & Dijkstra, P. (2004). Gender differences in rival characteristics that evoke jealousy in response to emotional versus sexual infidelity. Personal Relationships, 11, 395-408.

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