Naissance de la psychologie sociale

Naissance de la psychologie sociale

Publié dans Texte fondateur

Les débuts de la psychologie sociale expérimentale sont marqués par deux expériences aux résultats contradictoires.

La première exposée ici est celle de NormanTriplett datant de 1897 et qui instaure le concept de facilitation sociale.

Après avoir observé des cyclistes, Triplett cherchait à savoir si la situation de compétition améliorait ou pas la performance de chacun.

Pour répondre à cette question, il conduit une analyse d’archive de plus de 2000 coureurs de haut niveau ayant participé à des courses de 25 miles ; 40 Km et cela dans les trois conditions suivantes :

  1. Course contre la montre : Une distance imposée doit être parcourue le plus rapidement possible et seul.

  2. Avec un meneur : Les 40 Km sont effectués avec un autre cycliste qui n’est pas engagé dans la course mais qui doit pédaler à une vitesse rapide et prédéterminée pour entrainer le coureur.

  3. Compétition : Les coureurs devaient parcourir les 40 Km en situation de compétition classique avec d’autres coureurs.

Il va donc comparer les vitesses moyennes dans chacune des conditions et les résultats sont parlants :

Condition 1

  fleche Moyenne de 39Km/h
40Km seul  

Condition 2

  fleche Moyenne de 50Km/h
40Km en présence de leur entraîneur  

Condition 3

  fleche Moyenne de 52Km/h
40Km en situation de compétition  

On peut voir qu’il existe une différence importante entre les scores de la première condition comparativement aux deux autres. La performance est donc considérablement augmentée en présence d’autrui.

Il effectua une autre expérience afin de déterminer l’effet de la présence d’autrui sur le comportement des sujets .

La tâche était la suivante: Les participants devaient enrouler le plus rapidement possible un moulinet fixé à une canne à pêche. Après une période de familiarisation à cette tâche, six essais chronométrés étaient effectués par les sujets ; trois se déroulaient de façon individuelle et trois en situation de compétition avec d’autres personnes.

Au regard des résultats, Triplett constate que 20 sujets ont été influencé par la présence d’autrui et ont donc augmenté leur performance dans la seconde condition, 10 y sont restés indifférents et 10 ont étaient négativement influencés par la présence d’autrui. Ces résultats montrent qu’il y a des différences interindividuelles ; c'est-à-dire des différences notables entre les personnes. Cependant, la performance de la majorité des participants s’est sensiblement améliorée en présence d’autres personnes en situation de compétition.

La seconde expérience, datant de 1883, a été par la suite nommé ; « effet Ringelman » ; du nom de son auteur, ou encore « la paresse sociale ».

Ringelman n’était pas psychologue social mais agronome. Après avoir mené des recherches sur la force de tractions des bœufs de différentes races, Ringelman se lance en 1883 dans une étude sur la force de traction des hommes.

Pour ce, il met en œuvre une série d’expériences menées auprès d’élèves. Ils placent alors les sujets en situation de tirer une corde soit seul, soit en collaboration avec d’autres personnes. Ringelman observe que les sujets ont tendance à fournir moins d’effort en présence d’autrui que lorsqu’ils sont seuls.

Les résultats obtenus sont les suivants :

Nombre de personnes

 

% de force fournie par personne

1  fleche 100 %
2  fleche  93 %
3  fleche  83 %
4  fleche  77 %
5  fleche  70 %
6  fleche  63 %
7  fleche  56 %
8 fleche   49 %

On voit apparaitre une diminution constante de l’effort au fur et à mesure que la taille du groupe augmente. Ce qui fera déclarer à l’auteur : "Pour l’emploi de l’homme, comme d’ailleurs des animaux de traits, la meilleure utilisation est réalisée quand le moteur (le sujet) travaille seul : dès qu’on accouple deux ou plusieurs moteurs sur la même résistance, le travail utilisé de chacun d’eux, avec la même fatigue, diminue par suite de manque de simultanéité de leurs efforts".

D’autres expériences ont aboutit aux mêmes résultats. Ainsi, lorsqu’on fait du vélo à trois, la somme des performances individuelles est-elle supérieure à la force réelle combinée par le groupe.

On compterait environ 30 % de perte.

Une proposition de synthèse partielle est apparue avec Zajonc.

Il est parti d’une observation simple :

Quand vous savez bien conduire, le fait que des personnes soient dans la voiture ou qui vous regardent augmente vos performances.

Mais quand vous savez peu conduire, la présence d’autrui risque, au contraire de multiplier les fautes, de gêner.

Ainsi, la présence d’autrui facilite la performance des tâches maîtrisées mais elle gêne l’apprentissage de ces tâches.
 

On parle de synthèse partielle puisque pour l’expérience avec les cordes, il y a un problème.

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